mardi 15 décembre 2015

Gérard, je ne comprends pas

Gérard Onesta a fait à sa nouvelle Présidente de Région une étonnante suggestion. Désigner un second Président. Outre la caractère illégal de cette proposition, comment concevoir que l'on puisse ainsi démembrer les attributions d'une Présidence de Région en amputant ce qui est indissolublement lié à l'exercice même de la fonction, à savoir présider l'assemblée plénière, sa commission permanente et fixer les ordres du jour.

Le principe de la décentralisation est la dévolution d'un pouvoir "exécutif" de l'Etat vers une collectivité dont les décisions prennent le nom de délibérations.  Je peux reconnaitre aisément que ce compromis historique, éloignant le curseur du fédéralisme, mériterait d'être approfondi dans un esprit "législatif" afin que le mandat des conseillers régionaux sans délégation exécutive trouve davantage de consistance politique.
Mais je ne pense pas que cette évolution - à supposer que le bicéphalisme soit opportun - puisse être satisfaite en dehors de la loi par cette sorte d'arrangement honorifique instaurant inévitablement suspicion et gouvernance aléatoire.
Et si l'arrangement n'est pas qu'honorifique, la prescription de la loi me parait alors d'autant plus nécessaire.
La Présidence de Région est aussi chef de majorité, sauf à instaurer un double scrutin au suffrage universel, présidentiel et uninominal d'une part, législatif et proportionnel d'autre part.

Je crois que la voie la plus raisonnable réside davantage dans la construction politique d'une majorité régionale exigeante mais basée sur une confiance à la hauteur de celle qui a été accordée par les électeurs. Nous devons en rester dignes.
Cela commence par la clarté de la première étape consistant à élire, comme ils l'ont souhaité, Carole Delga à la Présidence de Région.


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