vendredi 19 décembre 2014

Toulouse : 34 M€ pour les transports

Déposée par la précédente majorité municipale, la candidature de Toulouse à l'appel à projets du gouvernement pour le financement de projets de transport connait aujourd'hui son aboutissement.

Ce sont 34 M€, dont 20 M€ pour le prolongement de la ligne B, qui devraient ainsi être octroyés.
Dans les projets subventionnés figure également le projet de liaison entre Tournefeuille et Toulouse via Lardenne qui a donc été confirmé par l'actuelle équipe.
Aujourd'hui, le maire de Toulouse semble espérer une réaffectation de ces sommes sur le projet de 3eme ligne de métro.
Plusieurs questions se posent :
1/ Le Maire de Toulouse demande-t-il à l'Etat d'affecter librement les 34 M€ obtenus alors même qu'ils se ventilent sur quatre projets instruits nationalement en fonction de critères précis ?
2/ Pourquoi avoir confirmé par courrier en octobre dernier la demande formulée sous la précédente mandature qui incluait donc à la fois le BHNS Ouest et le prolongement de la ligne B plutôt que ses propres projets ? Pour l'anecdote, l'équilibre du financement de la 3ème ligne de métro évoque 200 M € d'aide, soit la moitié de l'enveloppe attribuée aujourd'hui à 100 projets sur le territoire national !
3/ Comment garantir les calendriers de réalisation promis aux toulousains dans l'hypothèse probable d'une relance de la procédure d'instruction des dossiers alors que les travaux doivent avoir été engagés avant 2017 ?

mardi 16 décembre 2014

Exhortation apostolique

IndexJe publie ci-dessous l'intervention de ma collègue Claude Touchefeu, à l'occasion du conseil municipal de Toulouse au sujet d'une délibération supprimant le conseil de la laïcité pour le transformer en "Toulouse fraternité". Plus qu'une délibération, elle relevait davantage de l'exortation apostolique visant à réduire l'enjeu au dialogue entre les religions dont la diversité manifesterait "l'âme" de la cité.
Cette affaire n'a rien d'une banale question de sémantique. 
Si tel était le cas, que peut motiver une délibération qui ne changerait que des mots ? pourquoi remplacer le mot de laicité par celui de fraternité ? Et pourquoi la proposition adoptée au final rassemble les deux termes ("Toulouse fraternité - conseil de la laïcité") si ce n'est pour relativiser de fait le second ? Au final, plutôt qu'un pseudo compromis politicien, il aurait mieux valu prendre le temps d'une autre écriture pour un vrai consensus républicain.
Quand la délibération a été distribuée et illustrée comme s'inscrivant je cite dans "la continuité du conseil de la laïcité"  mis en place en 2013 par pierre Cohen, j'ai une seconde pensé que vous cherchiez M Moudenc à vous réapproprier une idée  intéressante innovante et courageuse et qu'en changeant de nom vous ne cherchiez  qu'à en récupèrer la paternité et pouvoir dire "j'ai créé toulouse fraternité...."
En fait, j'ai découvert que c'était plus grave, beaucoup plus grave que cela.
La notion de laïcité ne disparaît pas simplement dans le titre mais bien dans les missions.Vous avez repris les 5 points résumant les missions du conseil de la laïcité en les modifiant.. mais l'un d'entre eux disparaît totalement. Il en était pourtant le cœur. 
"il a pour mission de faire vivre la laïcité dans la cité et ainsi éclairer la municipalité sur des questions relevant du vivre ensemble..." 
Pourquoi avoir fait disparaître ce paragraphe et que devient donc le cœur de mission de ce nouveau conseil ?
 Je lis :
"Il s'agit aujourd'hui de le confirmer pour que le libre exercice des cultes soit réaffirmé"..."Favoriser la reconnaissance et le respect des différentes spiritualités qui font l'âme de notre cité. La laïcité ciment de notre république doit être comprise avant tout comme la liberté qui irriguent la société française"  
Et bien non ! le ciment de la laïcité n'est pas comme vous le dites  en tout premier lieu le respect de toutes les religions qui irriguent la société française.
La laïcité ce sont trois principes indissociables. La liberté de conscience qui ne se résume pas à la liberté religieuse. La liberté de conscience, c'est aussi celle de croire ou ne pas croire. L'égal traitement de tous les citoyens La défense du bien commun comme seul objet de l'Etat.
La laïcité, ce n'est pas l'organisation de la coexistence des religions. 
Vous nous amenez là vers une conception communautaire, pluri confessionnelle  de la laïcité. Ce que vous nous proposez est une promotion  des religions et du dialogue inter cultuel plus qu'une promotion de la laïcité.
Ce faisant, vous changez ainsi le sens même de ce que nous cherchions à faire..
Aujourd'hui qu'est ce que nous devons combattre, qu'est ce qui met en danger la république ?
Est ce que c'est la liberté de culte ou la liberté d'expression religieuse ?
Ou bien plutôt l'obscurantisme, les réflexes communautaires, la haine par méconnaissance ?
Quand nous écrivions que
"La lutte contre les ignorances les amalgames, les replis sur soi,  phénomènes qui mettent en danger la république, passent par la connaissance et la reconnaissance de l'autre dans ses croyances et ses convictions "
Vous préférez
"Favoriser la reconnaissance des courants spirituels qui font l'âme de notre cité..."
Ce n'est pas la même chose.
Quand nous écrivions que le conseil de la laicité "entend œuvrer dans une esprit de dialogue et de rassemblement afin de lutter contre les dérives communautaires"
Vous dites plutôt qu'"il entend œuvrer  dans un esprit de dialogue et de rassemblement contre les dérives sectaires et multiplier les manifestations communes".

Evidemment, nous sommes pour combattre les dérives sectaires mais pourquoi l'avoir substitué à la lutte contre les dérives communautaires..., le communautarisme qui essaie d'introduire " un filtre " dans la relation entre le citoyen et la république ou d'obtenir des droits specifiques en fonction d'une appartenance, n'est ce pas la sujet de préoccupation et de reflexion...?
Si elle doit garantir à chacun la liberté d'appartenir ou non à une communauté, la république n'est pas une addition de communautés.

De quelle manifestations communes parlez vous ?*

Non, Monsieur Moundenc, nous ne reconnaissons pas de continuité entre le conseil de la laïcité que nous avons créé ensemble et Toulouse fraternité que vous nous proposez aujourd'hui.Ce n'est même pas un conseil de la laïcité light. Il s'agit plutôt d'une laïcité frelatée."

* la réponse ne s'est pas faite attendre. C'est M. Lesgourgues, élu de la majorité, qui la précisera en séance :"Rien n'est plus beau qu'on curé, un rabbin, un imam qui se tiennent la main..." 

mercredi 26 novembre 2014

Qui est Mme Anastasie ?

En lisant cette lettre ouverte que publie France Info, je suis saisi d'un sentiment de forte inquiétude. L'affaire des "crocodiles" interdits d'affichage à Toulouse est sortie de son marigot local pour connaitre désormais un écho national. Il y a des publicités dont on se passerait bien.

Face aux critiques, évidemment, les élu(e)s concerné(e)s se défendent de toute acte de censure. A les suivre, il n'y aurait pas eu d'interdiction puisqu'il n'y a pas eu préalablement d'autorisation !
En gros, couper la parole à quelqu'un serait un acte de censure tandis que l'empêcher de parler n'en serait pas un. Dans un cas, la castratrion. Dans l'autre, une douce prophylaxie. Et dans les deux cas, protéger les âmes avant même l'apparition du mal.

Mais de quel mal parle-t-on ? Le problème est que cette BD s'inscrit justement dans la dénonciation des violences faites aux femmes, toujours accompagnées des "vulgarités" de la soumission, et qu'elle en fait état dans leur vérité.
Tout comme Maïwen dans son film "Polisse", dont le talent de la mise en scène fut en définitive celui d'un quasi documentaire osant décrire et nommer l'innommable, les "crocodiles" de Mathieu sont un écho direct d'une innommable violence. Ne devrait-elle pas émouvoir davantage que le simple fait d'être racontée ? Fort heureusement, nos élus toulousains ne siègent pas au CSA et "Polisse" aura connu une diffusion TV en prime time.

André Gill, qui était aussi un portraitiste, inventa en 1868 Madame Anastasie. Elle symbolisait la censure dont fut victime son premier journal. Elle apparaîssait ainsi, sous les traits d'une concierge, tantôt œil du propriétaire, tantôt indicatrice de la police, s’en prenant souvent à des moulins à vent, et militant toujours dans les ligues vertueuses. Elle n'aurait pas eu à rougir de certaines résistances d'hier contre l'IVG ou d'aujourd'hui contre le mariage pour tous. Elle n'aurait pas hésité à sortir ses ciseaux pédagogiques afin de satisfaire sa phobie de l'égalité et de ses abécédaires.
Revenons au cas présent, peu importe qu'il soit qualifié de censure ou pas. En revanche, n'y aurait-il rien à contester des arguments qui ont emporté la décision (ou la non décision, ce qui revient au même) ? J'y vois malheureusement le dangereux ferment des petites suspicions qui font le lit des grandes inquisitions.

Monsieur le Maire, je vous en conjure
Pour mieux vous garder de certaines tentations et irrémédiables fêlures,
Pour éviter votre entourage de devoir faire taire, 
N'imitez pas Mesnard, évitez Zemmour et faites lire Voltaire.


mardi 28 octobre 2014

"Ma social démocratie" (15 novembre 1999)

Voilà 15 ans, le 19 novembre 1999, Lionel Jospin publiait une longue tribune intitulée "ma social-démocratie". La période actuelle, propice à certaines relectures, offre à ce texte une résonnance particulière.
Certains disqualifieront par avance le propos, érigeant l'humiliation du 21 avril 2002 comme la preuve de l'obsolescence de ce dernier. D'autres, en revanche, pourront y déceler une confondante actualité. Je me rangerais plutôt de cet avis. 

"Aujourd'hui, ce sont nos valeurs qui fondent notre identité politique plus que les moyens nécessaires pour les atteindre." Ces mots de l'ancien premier ministre sont illustratifs  de la période.
Les moyens de l'action gouvernementale remettent-ils en cause notre identité devant le risque de ne pas redistribuer 1% de PIB supplémentaire ? 
Je ne serais pas catégorique pour affirmer urbi et orbi qu'il s'agit là de la frontière qui sépare la croissance de la stagnation, ni pour prétendre qu'elle puisse fonder matière propulsive à grande controverse idéologique.
Les moyens de l'action gouvernementale remettent-ils en cause notre identité au point de conclure au nécessaire changement de nom du Parti Socialiste ? Une réponse positive marquerait sans nul doute l'impensable bénéfice immédiat qu'en tirerait la gauche de Mélenchon, si prompte à sonner l'oraison de la social-démocratie après en avoir fait l'adversaire à abattre, ainsi que le centre de Bayrou qui n'est "ni de gauche, ni de gauche" comme le remarquait F. Mitterrand. 
"En dernière instance", comme diraient les disséqueurs de la dialectique d'antan, "quelle alliance objective" !

Plus sérieusement, "s'interroger sur «la bonne voie», choisir entre «la voie blairienne» et «la voie schröderienne», ne me paraît pas avoir grand sens (...) s'il s'agit de l'intercaler entre la social-démocratie et le libéralisme (...)." Lionel Jospin a raison. 

Mais il a aussi raison plus loin : "On décrit traditionnellement les sociaux-démocrates comme des redistributeurs. Nous restons attachés aux principes de l'Etat-providence, même si, là aussi, des réformes sont nécessaires (...) Mais cet attachement à la redistribution n'est pas exclusif

jeudi 16 octobre 2014

Aeroport de Blagnac, Annexe 1, page 13

Extrait : "Alertés par Airbus sur l'absence de réponse à ses questions, nous avons (...) fait part de nos interrogations et de notre surprise quant au silence de l’Agence des participations de l’Etat (...) et rappelé notre position commune à savoir que le processus en cours devra nécessairement prendre en compte les spécificités économiques du territoire que nous représentons, à commencer par les activités économiques déjà présentes sur le site de l’aéroport dont les perspectives de développement devront être garanties." 

C'est en ces mots qu'à juste titre les trois présidents de collectivités locales se sont émus du processus d'ouverture du capital de l'aéroport de Blagnac dont ces dernières sont actionnaires, sans pour autant demander à le voir déclaré sans suite.

Or, sur la base du cahier des charges de l'appel d'offre, arrêtons-nous sur les objectifs et critères préfigurant le choix final.
"L'Etat privilégiera les solutions permettant de conforter la logique territoriale d’implantation de la Société via le dialogue, la concertation et les  coopérations  avec  les  collectivités  locales  et  acteurs  économiques  locaux,  en particulier sur  la  desserte  aéroportuaire,  le  développement  des  activités  économiques  sur  et  autour  de l’aéroport,  la  valorisation  et  l’aménagement  du  domaine  foncier  de  la  concession  en cohérence  avec  la  politique  de  développement  des  autorités  publiques,  les  enjeux environnementaux,  et  la  prise  en  compte  des  enjeux  spécifiquement  liés  à  la  présence  des constructeurs aéronautiques".
 

Le texte précise en outre que "l'Etat  entend,  pour asseoir son appréciation des Candidats (...) mettre  en  place autant  que  possible  une  concertation  avec  les  actionnaires  publics locaux  de  la  Société.  A  cette  fin,  les  actionnaires  publics  locaux  se  verront  offrir  la  possibilité d’exprimer un avis sur le contenu du projet  industriel et social présenté par les Candidats (...)"

En d'autres termes, l'exigence de prise en compte du contexte Airbus semble bien figurer dans le cahier des charges même s'il est à regretter que le terme "autant que possible" fasse peser l'incertitude quant à l'exigence d'un avis peu ou prou conforme des actionnaires publics locaux.

Ce qui explique que le courrier de nos trois présidents se conclue par ces mots en écho à l'annexe 1 page 13 du cahier des charges : "La Région, le Département, la Métropole et la CCI seront appelés à donner leur avis en fin de procédure. L’issu de cet entretien sera déterminant pour l’avis que nous devons émettre".

L'arbitrage dans cette affaire reflète une double contrainte à laquelle l'Etat doit répondre. Un prix de cession à maximiser pour le compte de son désendettement. Une prise en compte de l'apport dans nos comptes publics et pour la compétitivité même du pays de notre industrie locale qui entend préserver l'ancrage foncier de son activité. Tels sont les deux objectifs que nos puissances publiques, locales et nationales, doivent poursuivre ensemble à travers le futur contrat, sans parler de l'intérêt porté aux 300 salariés de l'aéroport.

nb : je n'ai pas trouvé de codicille permettant de charger la barque d'un cofinancement du futur parc des expos par le futur acquéreur, comme l'a suggéré le maire de Toulouse. Ce qui ne manquerait pas d'être compensé par l'Etat lui-même, voire justement... par une survalorisation du foncier aéroportuaire occupé par Airbus... Dans le débat présent, cette suggestion prête en effet à sourire...

A propos du Nobel d'Economie...

Le prix Nobel décerné à Jean Tirole a fait souffler la brise d'un réconfort national. La ville de Toulouse n'est pas en reste au point de publier une pleine page promotionnelle, découverte dans les Echos du 15 octobre, accompagnée de "l'admiration" du maire. Il est vrai que l'occasion de s'enorgueillir ainsi de la distinction des autres était trop belle. Pour ma part, je l'aurais préféré narcissiquement plus économe. Mais je cède également volontiers à l'exercice, toutefois plus humble et plus conforme à l'éthique que je connais du récipiendaire, pour lui transmettre également mes félicitations.

Je voudrais poursuivre ici en soulevant quelques remarques et interrogations citoyennes.
La science économique est une science sociale et non une science exacte. Aussi puissants et exacts que soient ses modèles, ils ne peuvent résumer une réalité sociale et donc acter, a fortiori, de la solution du bien-être pour une société. Prétention que n'a pas - je le précise - Jean Tirole. Le monde n'est pas une équation. 
Il n'y a pas de nobel dans les sciences humaines, excepté celui-ci. Et sa genèse a moins eu pour objet de consacrer une découverte que d'illustrer des travaux. Ce n'est pas un hasard car il n'y a pas de vérité, aussi drapée soit-elle de la rigueur modélisatrice d'une méthode. La difficulté médiatique à traiter l'évènement par son contenu scientifique est révélatrice. On lui préfère alors une lecture politique. Traitement singulier sachant qu'on ne demandera jamais si le nobel de physique est un néo-libéral. Cessons donc d'invoquer imprudemment les grandes catégories des catéchismes du moment dont l'objectif est si souvent de "corneriser" la pensée.


Seconde remarque sur ce qui est dit des travaux en question. Si le monde n'est pas réductible à une équation, d'où vient la force des analyses et solutions avancées depuis quelques années autour de la notion "pollueur=payeur".
Un consensus semble aujourd'hui établi autour de cette idée de taxation des externalités négatives de l'activité humaine. C'est le fameux caractère punitif ou désincitatif de la taxe érigée ainsi en outil de régulation efficace pour le bien public. Si je résume factuellement l'enjeu : le droit de répandre le mal (la pollution) a un prix. Celui d'une taxe.
En admettant l'efficacité de la chose, il n'en demeure pas moins qu'elle installe l'idée que toute chose a un prix et demeure ainsi réductible à un "tarif" et donc, en dernière instance, à une banalisation du comportement qui en oublie l'objectif de bien public lui-même.

  Dans le prolongement de ce principe et pour agir sur la "pollution sociale" du chômage, pourquoi ne pas taxer aussi le licenciement et s'inscrire dans une vision du travail qui est celle d'un rapport marchand, d'un coût, ou d'une variable avant d'être celle d'un rapport social.
Le travail n'est pas que le terme d'une équation. Il est constitutif d'une émancipation humaine et la manifestation de l'encastrement du social dans l'économique. Remarquons à ce stade que l'une des motivations de cette idée, en l'occurence, n'est pas tant de limiter le recours au licenciement que d'en assouplir son usage. Ici, a contrario, la taxe "pollueur-payeur" n'est donc pas celle de la dissuasion. Ce qui en invaliderait donc son précepte et sa louable motivation générique.

  Dans une récente tribune dont ce post n'est qu'un écho, le philosophe Jean-Pierre Dupuy citant un ouvrage de Michel Sandel, philosophe à Harvard ("Ce que l'argent ne saurait acheter" Seuil), évoquait l'exemple de crèches ayant décidé de faire payer une amende aux parents retardataires qui récupéraient leurs enfants après le travail. Et bien le paiement de l'amende à transformé l'obligation morale et la mauvaise conscience en achat d'un service marchand. Qu'arriva-t-il ? Les parents furent plus nombreux à arriver en retard. "Un présupposé de la théorie économique est que le bien et le mal sont de même nature mais de signes opposés". C'est ce qui s'appelle une équation.

Je pourrais poursuivre avec d'autres exemples. Il en va ainsi de l'idée en vogue de rendre le vote obligatoire. J'imagine que son non respect entrainerait donc le paiement d'une amende. Ne peut-on voir poindre là l'extension de cette logique de marchandisation à la démocratie ? Comment ne pas penser aussi à la prostitution dont l'enjeu se partage entre la régulation de ces externalités négatives et le combat contre la marchandisation à travers le paiement d'une amende par les prostitué(e)s dans le cas d'arrêtés municipaux ou de la part du client tel que délibéré par le Parlement ?

Je conclurais par le souvenir de mots prononcés par Lionel Jospin. L'économie de marché est une chose, la société de marché en est une autre. Si cette mise en garde est juste, alors réfléchissons bien aux principes qui guident les intentions louables. Il se pourrait qu'au lieu de valoriser l'esprit de responsabilité de l'individu, ils n'alimentent plutôt l'exonération d'une prise de conscience réelle.

mercredi 8 octobre 2014

L'illusion

Quel est le pays dont :
- le PIB s'est moins accru que la moyenne de la zone euro depuis 2000
- Les salaires ont moins augmenté que la moyenne de cette même zone et moins que l'inflation
- Deux salariés sur trois touchent un salaire inférieur à celui de l'année 2000
- Un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté
- Les inégalités de revenus sont devenues plus importantes qu'en 1990
- Les inégalités de patrimoine sont les plus importantes d'Europe
- Le taux d'investissement est l'un des plus bas des pays industrialisés (23 % du PIB en 1990 contre 17 % en 2013)

Ce pays est l'Allemagne.

"Comment se fait-il que Berlin accorde autant de valeur aux excédents extérieurs ? Pourquoi l'Allemagne accorde une telle importance à la consolidation des finances publiques en pleine crise ? Comment se fait-il que les allemands se singularisent tant dans la critique des efforts de sauvetage des institutions internationales ?"
C'est par ces mots que Marcel Fratztcher, économiste allemand et Président de l'Institut DIW, introduit son ouvrage "l'illusion allemande" ou il stigmatise les excès de confiance de son pays.
A n'en pas douter, le temps est à la déconstruction du mythe de la singularité allemande.

mercredi 1 octobre 2014

massacre à la tronçonneuse

"Lorsque la hache pénètre dans la forêt, les troncs se rassurent toujours à bon compte en se disant que le manche est des leurs". J'ai décidement un faible pour ce fameux proverbe turc.

Alors que l'actuel Maire-Président de Toulouse s'inquiète de l'évolution des finances publiques locales et de la baisse des dotations de l'Etat, voilà qu'au détour d'un interview dans les Echos du jour son collègue François Fillon - droitement chaussé dans ses bottes - pénètre dans la forêt.
Il propose de multiplier par deux la pression sur les collectivités, de répartir inégalement dans le pays les efforts d'économie, d'en multiplier par trois l'impact récessif, de ruiner davantage encore la confiance.
C'est plus une hache, c'est une tronçonneuse !


"je propose de réduire, en cinq ans, les effectifs des fonctions publiques de 600.000 postes, de porter le temps de travail à 39 heures hebdomadaires"
"Quant aux dotations (aux collectivités), elles devront encore être réduites".
"Je propose un effort prioritaire sur les entreprises avec une baisse des charges financée par une hausse de 3,5 points de la TVA. Je propose aussi une refonte de la fiscalité du capital. La baisse de la fiscalité des ménages viendra quand se feront sentir les premiers résultats sur la croissance."

Quand on écoute plus attentivement encore le détail de son programme, que découvre-t-on ? 
  • La fin des 35 heures, (où comment travailler plus pour gagner moins...)
  • Le recul de la retraite à 65 ans, (où comment travailler plus longtemps pour rien de plus...)
  • L'abandon du système de compensation de la pénibilité et la dégressivité des allocations chômages, (où comment détruire les résultats de la négociation sociale...)
  • Le ralentissement du déroulement des carrières des agents du service public, le rétablissement du jour de carence, le développement du recours aux contractuels, (les agents de la ville apprécieront...)
  • La suppression des droits de mutation (les finances de la ville apprécieront...)
  • La baisse de l'impôt sur les sociétés et la suppression de la taxe à 75 % de l'ISF
Celui qui a fait progresser de 35 Md € la dépense publique entre 2007 et 2012, entend aujourd'hui rattraper ce passif sur le dos du service public, des collectivités locales et de l'équité fiscale.

Quand j'entends dire que le gouvernement mène une politique d'austérité, on peut remercier la droite de nous en rappeler la définition.... Au fait, qu'en pensent Jean-Luc Moudenc et Laurence Arribagé ?

vendredi 12 septembre 2014

ballons d'essai

Depuis le mois de mars, la droite préside aux destinées du SMTC. A plusieurs reprises, j'ai indiqué qu'il fallait respecter le temps nécessaire à l'installation du nouveau Président, à son appropriation des dossiers et à la dissipation des illusions programmatiques.

Je n'ai pas voulu surréagir face à tels propos ou intentions parus dans nos hebdos et quotidiens qui étaient si souvent des ballons d'essai. J'ai d'ailleurs noté une propension certaine à la technique "up and under" : je tape à suivre en lançant des études. La vérité du moment, c'est qu'on ne voit pas très bien où il va, quels seront les arbitrages et si les trois quarts suivront le mouvement. J'attends donc précisemment les points de presse annoncés pour cette rentrée.

Bref, vous comprendrez l'hésitation à ne pas se précipiter pour réagir. Cette hésitation est d'ailleurs renforcée d'une conviction plus générale : commenter le moindre fait et geste de la nouvelle municipalité ne garantit en rien la crédibilité de l'opposition, ni une écoute plus attentive de nos concitoyens. Parler moins mais mieux me semble raisonnable.

Ce n'est pas dans nos pratiques en effet que de communiquer pour communiquer à l'instar de notre maire actuel. L'avez-vous d'ailleurs remarqué ? Dès lors que Jean-Luc Moudenc croise le Président de la République ou serre la main d'un Ministre, il en informe tout Toulouse. C'est la "com selfie" institutionnalisée. On est loin de son prédécesseur qui était exagérément dans l'excès inverse. La vérité est certainement entre les deux mais sûrement pas dans l'illusion du paraitre. Ce n'est jamais ce que l'Histoire retient. Fermons la parenthèse.

Je parlais de la politique transport. Ce que j'ai à dire des projets de la nouvelle équipe figure déjà dans divers billets de ce blog. Le moment venu, sans doute faudra-t-il exhumer leur contenu. Mais à ma grande surprise, un nouveau sujet a été évoqué ces derniers jours : Le prolongement de l'aerotram jusqu'à Basso Cambo. Alors qu'hier, c'était soi disant un projet gadget et dispendieux. Voila qu'aujourd'hui, il le deviendrait moins. Pas besoin d'étude pour affirmer qu'un tel prolongement, en l'absence de relief dans la topographie du tracé, renchérira considérablement un coût, déjà passablement sous estimé par les cabinets d'étude. Alors j'ai envie de dire chiche ! 
Mais j'attends de voir si ce nouveau ballon d'essai trouvera demain le rendez-vous des trois-quart aile pour franchir la ligne d'en-but. A moins qu'il s'agisse simplement de trouver la touche pour se donner un peu d'air dans la perspective d'un bd Eisenhower transformé en nouvelle rocade plutôt qu'en voie multimodale. A suivre...

mardi 26 août 2014

Automne 2014 : premiers réveils de clientèle...

Nouvelle preuve de l'hypocrisie électoraliste du maire de Toulouse, cet article de la dépêche relatant les propos du représentant des évangélistes qui affirme avoir reçu la promesse du candidat Jean-Luc Moudenc, alors en campagne électorale, d'installer rapidement l'aire de grand passage. «Nous avons même fait campagne pour lui au second tour - avoue-t-il - Aujourd'hui, on ne voit rien venir et si rien n'est fait d'ici le 11 octobre, je vous promets que nous installerons nos caravanes sur la place du Capitole ! (...) Le problème est toujours le même, c'est celui de la construction d'une aire de grand passage. Toulouse en est dépourvue et ce n'est plus possible de continuer comme cela»

L'article précise que « la question mobiliserait les services de la mairie, sachant que la piste Montredon n'est pas abandonnée ...» alors même qu'aussitôt élu, telle était pourtant l'intention du maire-Président de Toulouse Métropole qui a été mis en minorité sur le sujet dès son premier conseil communautaire. Cette obligation légale, c'est aux autres communes qu'il entendait en effet l'imposer. 

Je vous le dis. Les mois qui viennent vont confirmer le dévoilement et le réveil progressif des clientèles de mars. Au suivant...

"les doigts dans la confiture et les pieds dans le tapis" ?


"Il y a un problème de demande dans toute l'Europe. La zone euro connait un excédent commercial, un investissement insuffisant et un taux de croissance qui ne permet pas de faire baisser le chômage. C'est essentiellement dû aux politiques d'austérité menées depuis plusieurs années. S'il doit y avoir soutien de la demande, il doit donc se faire au niveau européen, et c'est ce que la France va porter dans le débat qui s'engage avec nos partenaires...."

Ces mots ne sont pas ceux d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon. Ce furent ceux du Président de la République la semaine dernière dans un entretien au journal "Le Monde". Il ajoutait : "Qui peut contester que l'environnement international et européen s'est dégradé depuis un an ? Les causes en sont connues. Elles sont liées aux incertitudes géopolitiques (Ukraine, Irak…) et à la poursuite de politiques d'austérité en Europe...." 

Et F. Hollande d'illustrer la tâche engagée par son ministre : "J'ai trouvé en arrivant en 2012 près de 70 milliards de déficit commercial et une industrie avec les taux de marge les plus faibles de ces trente dernières années. Toute mesure de relance de l'activité par des moyens budgétaires aurait donc eu pour conséquence d'aggraver notre dette publique et de détériorer notre commerce extérieur. J'ai donc fait le choix de donner la priorité au redressement productif. C'est une question vitale pour la France."

A. Montebourg, dans un récent entretien au journal "Capital", écrira notamment de son côté :
"Si nous continuons comme ça, nous aurons la destruction de l'Europe, pas par la finance, par la politique! C'est pourquoi j'ai fait une proposition d'agenda de croissance commun avec l'Allemagne. A nous deux, nous représentons 92% du PIB de la Chine. Nous devons absolument essayer de nous entendre malgré nos divergences structurelles, nos intérêts différents, pour définir ensemble une nouvelle stratégie de croissance". 

Il y a ceci de rassurant dans ces déclarations qu'elles identifient ensemble l'enjeu de la période.

jeudi 17 juillet 2014

La facture du clientélisme

Par un communiqué dont la longueur est symptomatique de l'imbroglio créé par son obstination, le maire de Toulouse vient de confirmer le respect d'une promesse électorale faite à une quinzaine de riverains du quai St Pierre inquiets pour leur vue sur la Garonne et hostiles à la reconstruction de l'IEP. Je m'étais inquiété de son intention de refuser le permis de construire et de signer ainsi un acte de démantèlement du campus de centre ville lors du dernier conseil communautaire. La proposition qui émerge aujourd'hui écarte ce risque. Pour autant, elle ne relève pas d'une vision de l'intérêt public et d'une politique d'aménagement pensée du pôle d'enseignement supérieur de Toulouse. Cette solution à l'emporte pièce, soucieuse de l'urgence créée par des promesses intempestiveś, ne préfigure aucune solution de long terme pour science po. L'université, pour qui le coût du dédit sur le projet initial avoisine 1 million d'euro, construira des locaux sur le parking de la cité administrative et la communauté urbaine y participera à hauteur d'environ 2,5 millions d'euros. Voilà ce que coûtera au contribuable l'obstination électoraliste du maire-président qui nous rabâche par ailleurs ses inquiétudes sur l'état des finances locales.
2,5 millions d'euros de dégradation d'un équilibre budgétaire en manque d'épargne et souffrant d'endettement que le projet initial permettait d'éviter. Aux riverains qui s'inquiétaient, les voilà donc rassurés par l'effort des contribuables et la vision de long terme de l'intérêt général manifestée par le maire.

vendredi 4 juillet 2014

100 jours de néo-conservatisme

Par delà les clivages partisans qui marquent la spécificité de l'histoire politique française, il y a des matrices qui ne varient pas. Ce sont celles qui distinguent toujours le progressisme du conservatisme.

Les 100 premiers jours de la droite municipale à Toulouse en sont, me semble-t-il, une illustration.
On pourrait égréner ici des exemples concrets : le refus de la vaccination gratuite des chiens de SDF, la remise en cause du marché des précaires, un plan de recrutement dogmatique de policiers municipaux dont on avoue que la mission est de lutter davantage contre le sentiment d'insécurité que l'insécurité elle-même, l'annulation d'un équipement culturel emblématique et structurant (la maison de l'image) qui symbolisait une rupture avec les logiques de discrimination spatiale centre-périphérie, l'illusion de l'efficacité d'arrêtés "anti-prostitution" faisant croire dans son vocabulaire qu'un simple arrêté pourrait interdire ce que la loi autorise et qui ne pourra d'ailleurs aboutir qu'à déplacer le problème, le refus de satisfaire la contrainte légale d'instaurer une aire de grand passage en renvoyant la responsabilité sur d'autres communes, le refus de signer le permis de construire du nouvel IEP qui signe le démantèlement du  campus de centre ville riche de ses étudiants et de ses chercheurs au nom de quelques riverains auxquels on a  promis le statu quo ... Les exemples abondent.

Ils ont souvent pour point commun de cultiver le rejet de l'autre, le repli sur soi, sur son patrimoine individuel, la couleur de sa brique, son "village". Ils expriment si souvent ces crispations des temps de crise, alimentées de l'angoisse du présent et d'une peur de l'avenir, qu'ils ne peuvent s'apparenter qu'à une forme de résignation. Cette politique anxiogène n'a-t-elle pas pour effet que d'alimenter sa propre justification ? Ne relève-t-elle pas d'une forme de prophétie autoréalisatrice vers une société de la méfiance alimentant celle de la défiance.

Le viatique de la nouvelle municipalité est moins l'application pragmatique d'un programme électoral résultant d'une vision que le souci méthodique d'abonder la somme de ces crispations auquelles il fut promis du retour en arrière. Le sens de cette logique n'est pas de fonder une politique. Tout en étant conservatrice, elle n'est pas simplement de "conserver". Elle est au sens propre du terme "réactionnaire" par sa volonté de retour en arrière comme  s'il s'agissait de retrouver un paradis originel, de renouer avec les politiques compassionnelles, de fournir l'opium du désenchantement.

Nous ne partageons pas la même vision de l'intérêt public ni de la société que nous voulons. Elle n'est pas celle du capharnaum ou d'un intérêt général aveugle et sourd. Mais elle n'est pas non plus celle d'un ordre factice, gérant à la petite semaine, et qui masque les désordres plus violents, cachés ou sous-jacents, actuels ou futurs, urbains ou sociaux. Les 100 premiers jours de la nouvelle municipalité ne sont décidément pas ceux d'une vision progressiste.

mercredi 11 juin 2014

Réflexions sur une défaite



Depuis le 30 mars dernier, ce blog est resté silencieux. 
J'en conviens. Au delà de cette carence, la longueur de ce papier ne suffira pas à épuiser le sujet.

Respectueux du résultat des élections municipales et du temps nécessaire à l'installation de la nouvelle majorité, je n'ai décemment pas souhaité abondé la période de commentaires, ni installer une quelconque posture d'amertume. "Chi va piano va sano !". 

Dans mon esprit, il ne s'agit pas de refaire le match. Le peuple n'a jamais tort. Il a parlé. Voilà tout. Précisons toutefois qu’il a parlé d'une faible voix au vu de l'abstention historique pour ce scrutin. L'assise majoritaire est bien plus fragile qu'on ne le croit et elle devrait encourager une certaine humilité.

Pourtant, du côté des vainqueurs, suffisance et mépris gagneront parfois certains esprits fragiles. Ils n'en seront que plus dérisoires. L'Histoire fera son tri. Je doute en effet qu'en quelques lignes je puisse en conjurer le risque.

Dresser le diagnostic de la défaite de la gauche est évidemment une nécessité. Elle doit assumer et analyser sereinement les leçons du scrutin pour mieux contribuer, dans la crédibilité, aux futurs devoirs de l'opposition. Il ne s'agit pas pour autant de se couvrir la tête de cendres. Nous devons être lucides et constructifs. Tel est l'objet de la contribution qui suit et qui en appellera d’autres plus prospectives.

mercredi 19 mars 2014

JL Moudenc est bien un néo-conservateur

Le quotidien "les échos" revient dans son édition du 19 mars sur le travail réalisé par l'Institut Montaigne. On ne soupçonnera pas cet institut, présidé par Claude Bébéar et dans lequel on retrouve également les noms de Nicolas Baverez ou Henri Lachman, d'être l'officine de l'outrance à gauche ou de l'incompétence.
Passons sur la confirmation concernant les impôts locaux dont je vous livre ci-dessous un éclairant graphique.

Sous le titre "Opération Vérité", le journal nous invite à analyser notamment les programmes municipaux et à confirmer que les propositions de JL Moudenc sont financièrement insoutenables.
Une ligne de métro à 1.8 Milliards, une autoroute à 500 Millions (l'institut donne une fourchette jusqu'a 7 milliards), des dépenses de fonctionnement qui augmenteraient de 81 Millions sur le mandat dont les 2/3 en dépenses de personnel.

Sur ce dernier point, alors que notre opposant dresse la liste des suppressions de projets pour permettre le financement de la troisième ligne de métro, je note qu'il n'a pas la même rigueur dès lors qu'il s'agit des marges à trouver pour le financement de ces dernières.

Ce silence sur les dépenses de fonctionnement, qui permettent d'assurer les prestations de service public, est assourdissant et la promesse d'un audit sur la gestion de la ville n'a rien de rassurant pour l'exercice de ces missions comme pour les agents dévoués qui en ont la charge.
La perspective est inavouée parce qu'elle est indicible. Je vois poindre celle une délégation au privé de missions de service public pour financer à la fois l'explosion des effectifs de police, ceux liés à la video surveillance et la croissance des prestations liées tout simplement à celle de la démographie.

Cette logique fait écho aux politiques menées dans l'histoire contemporaine par nombre de gouvernements néo-conservateurs. C'est un choix social. C'est un choix politique. Après l'Etat minimal, c'est la ville en minuscule, frileuse et repliée.

Dans son programme,  une grande absente, la métropole. C'est à dire la dimension essentielle de la solidarité territoriale auquel le toulousain lui-même a intérêt. Car voilà, mieux vaut cultiver une sorte de singularité insulaire et ne valoriser que le doigt qui, faute de l'atteindre, montre la lune... et une ligne de métro intramuros. Tel "le cerf se voyant dans l'eau", je pense à la morale de la fable. Nous faisons cas du Beau, nous méprisons l'Utile ; Et le Beau souvent nous détruit.

Dans le programme de JL Moudenc, les seuls éléments de progrès applicables relèvent d'une pâle copie de ce que nous faisons ou proposons. Pour le reste, c'est à dire les arêtes (transport, place de la voiture en ville, finances, sécurité, urbanisme), la marque idéologique et démagogique est limpide. 

Cette campagne électorale confirme le copyright. Elle aura été utile au dévoilement politique du leader local de l'UMP. Jean-Luc Moudenc est un néo-conservateur.

lundi 17 mars 2014

Doublement de la ligne A du métro : petits rappels...

Suite à cet article paru ce jour, je peux ici apporter les éclairages suivants et notamment ces extraits d'une délibération du SMTC TIsséo du 28 février 2008 présentée par l'ancien Maire de Toulouse, multi-président de Tisséo et de la SMAT.

Un sujet identifié dès 1985  :  
« Dès l’origine, en 1985, corroborées à l’époque par les progressions de trafics constatées sur le VAL de Lille, les marges d’incertitudes conduisaient à ne pas exclure la possibilité d’une saturation de la ligne A. (…)»

Des travaux dont le report entraînait des surcoûts identifiés. Ils sont aujourd'hui de 330 M€
« Sur le plan financier, le surcoût de l’opération consistant à construire immédiatement des quais à 52m était estimé à 90 millions de francs alors que celui de l’allongement des stations, une fois la ligne en exploitation, était estimé entre 250 et 300 millions de francs (…)» 

Un exposé des motifs qui en dit long sur la cause des retards toulousains  : 
« Pour la station patte d’oie, sa localisation au cœur de d’un important carrefour avait conduit à privilégier la solution limitant les impacts du chantier sur la circulation
Pour la station Mermoz, le souci de limiter les emprises de chantier sur la voierie avait également conduit à réaliser une station inférieure à 52m
Pour la station Fontaine Lestang, à la contrainte des emprises de chantier s’ajoutait la nécessité de procéder à des acquisitions foncières… Ses conséquences en terme de coût et de risque de dérapage de planning (…) avaient conduit à privilégier le choix minimal (…) » 

Moralité : sur des investissements d'une telle importance, les inconvénients du moment ont primé sur l'intérêt général de long terme. Cette façon de voir, qui a guidé une façon de faire, illustre parfaitement les visions de courte vue qui expliquent les retards d'aujourd'hui dans bien des domaines. Aujourd'hui, il nous est proposé de poursuivre dans la même voie par des demi mesures.

La fausse économie du doublement d'une rame sur deux avec desserte partielle
Cette alternative suggérée aujourd'hui par JL Moudenc n'a rien de nouveau. Elle fut étudiée, comme je l'ai publiquement indiqué à plusieurs reprises, et a été l'objet d'échanges avec les industriels. 
Sur le plan technique, tout est faisable. Mais la proposition d’un service partiel à 52 m et de ne pas agrandir trois stations permet d'économiser seulement 20 M€ sur un programme de travaux de 230 M€ (soit 10 %). De plus, si une rame sur deux doit être allongée, il faudrait rajouter le rachat de rames, soit un budget total d'environ 330 M€.

Tous les autres travaux de génie civil et de systèmes devraient de toute façon être réalisés, soit 210 M€ :
  • Transformer Basso Cambo pour assurer le demi tour des rames
  • Transformer Jean Jaurès car on imagine mal sauter cette station où la desservir en deux fois
  • Modifier les portes palières, les attelages et faire évoluer le système lui-même

jeudi 13 mars 2014

Sécurité : "ni shérif, ni mère theresa" !

En matière de sécurité, comme l'a si joliment dit un jour Robert Badinter, "point n’est besoin d’avoir médité sur l’art de gouverner les peuples pour mesurer l’avantage politique d’incarner à la fois le Shérif et Mère Theresa". Surfer sur la vague émotionnelle face à la délinquance est souvent profitable à celui qui témoigne haut et fort de son indignation, de sa compassion et de sa velléité". Mais cela s'avère malheureusement moins redoutable dès lors qu'il s'agit d'en mesurer les effets réels. En la matière, C.Pasqua puis N.Sarkozy furent des maîtres. Et les élections municipales d'aujourd'hui offrent une belle occasion pour leurs exégètes.

A Toulouse, il y a les propositions émises par un candidat divers gauche, Jean-Pierre Plancade, dont on avouera sans peine qu'il s'agit davantage d'un candidat plus divers que de gauche.
Et puis il y a celle émise par le candidat de l'UMP, Jean-Luc Moudenc, dont on avouera que la discrétion à se revendiquer de l'UMP est loin de l'empressement qu'il déploya par ailleurs pour en réclamer l'investiture. Je laisse naturellement le soin aux adhérents de cette formation politique de mesurer à la fois l'abnégation de l'engagement et la clarté de la conviction. 

mardi 11 mars 2014

Tramway Garonne, quand JL Moudenc était pour...

"Fin 2007, Jean-Luc Moudenc, alors président de Tisséo et maire de Toulouse, avait commandé un livre blanc « pour une véritable culture des transports urbains » aux spécialistes des transports du SMTC Tisséo et de la ville. Dans ce document, véritable programme du futur candidat à sa propre succession au Capitole, une carte prévoyant « les bons choix de demain » mentionnait clairement « le prolongement de la ligne E vers la ligne B » en tram.
Le tracé figurant sur cette carte (source Tisséo-septembre 2007), sous le numéro 7, était exactement celui qui a été retenu pour le projet Garonne : départ des Arènes, passage par Déodat et le haut de l'avenue de Muret, le Fer à Cheval, le pont Saint-Michel, connexion avec la ligne B à Palais de Justice, poursuite allées Jules-Guesde et même prolongement au-delà du Grand Rond jusqu'au canal du Midi pour connexion avec une ligne de tram longeant le canal jusqu'à Matabiau et Ponts-Jumeaux. Un tracé pour lequel aucune variante par le pont du Stadium n'était alors prévue. Variante qui a été proposée lors de la concertation publique lancée par la nouvelle municipalité, mais qui n'a finalement pas été retenue."

mardi 4 mars 2014

Les mensonges du candidat de l'UMP : Les finances municipales

Récemment sur les marchés, l'UMP distribuait des tracts. Premier sujet : Les finances




"l'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se colporte" : n° 3 - les créations de postes

En 2013, les critères de la création de 104 postes furent :  
 
1/ l'ouverture de nouveaux équipements : + 92 postes 
  • Sports (reprise D. Faucher) : 7 postes 
  • Maisons de la citoyenneté (4 ouvertures en 2013) et mairies annexes : 22 postes
  • Petite enfance (4 nouveaux équipements en 2013) : 62 postes    
2/ la croissance urbaine et démographique et l'amélioration du service public : + 12 postes (sports, état civil, politiques de solidarité...)

Question : Qui propose 150 policiers municipaux supplémentaires (coût complet + 7 M€) et de réduire les dépenses de personnel sans dire lesquelles ? 


samedi 1 mars 2014

Royal Câlin

Stupéfait. Souffrez qu'en cet instant je sois stupéfait.
L'instant de ce billet d'humeur, je m'écarterai donc des sujets de fond qui intéressent davantage nos concitoyens ainsi que le lecteur de ce blog.
Avec mon ami François Briançon, nous voilà foudroyés en place publique par l'invective animalière. Celle qui disqualifie. Pour le Président de l'UMP, nous serions des "aboyeurs". En matière de respect, si nécessaire au débat souhaité, j'ai connu mieux.
Les mots sont une arme et leur polysémie est parfois bien utile à la perfidie. Sans doute voulait-il parler - la main sur le coeur - de cette fonction occupée jadis par les annonceurs aux coins des rues. Si tel est le cas, cette hypothèse là qui est de convaincre, nous l'assumons.

En la circonstance, je préfère être de ceux qui "aboient" que de ceux qui sont aux abois !

Jean-Luc Moudenc, Président de l'UMP 31, décernant ses brevets de cordialité mondaine, vient de se rendre compte que Toulouse est une ville de gauche.
Il y cherche désespérement des amis, comme on like sur facebook.
Il s'en est donc allé à la pêche tel un flamant rose guettant sa garniture.
Vous avez raison. Je concède bien lâchement à la tentation polémiste d'utiliser ainsi son registre animalier.

Aux abois, vous disais-je. Il fait feu de tous bois, tentant de boire à tous les rateliers.
Oyez braves gens combien l'oie dit oui ; flatteuse pour certains, au dépend d'elle même elle les invite à vivre... à trop l'écouter.

vendredi 28 février 2014

La dette en dates...

Interview de JL Moudenc à la Dépêche le 14 septembre 2007 :
"Nous avons des ambitions nouvelles qui exigent des moyens. La bonne gestion est indispensable, mais elle ne constitue pas un projet d'avenir. Je suis donc prêt à contracter un emprunt, à condition toutefois qu'il soit précisément ciblé sur des objectifs clairement identifiés comme la création de places en crèche massive, le combat contre la crise du logement social et étudiant, l'accession à la propriété, la sécurisation de l'espace public..."

Six ans après, avec Pierre Cohen :
  • 1100 places en crèches créées, 
  • 170 écoles rénovés sur 200, 
  • 8174 de logements sociaux livrés, 
  • 1200 logements étudiants livrés, 
  • un centre ville transformé...
Changement d'avis de JL Moudenc le 22 janvier 2014 :
"La bonne dette, c’est pour payer des investissements structurants, comme le métro. La mauvaise, c’est pour des petits équipements de quartier, comme un gymnase ou une école...".  
Je pense aux parents d'élèves et aux enfants toulousains ainsi qu'aux 8000 familles qui ont pu trouver un logement. Ils seront contents de découvrir la notion d'investissement structurant.

Saviez-vous que la ville de Toulouse a investi 700 millions d'euros en six ans en empruntant 15 M€ (soit 2% de ce total) ?

jeudi 27 février 2014

Il manquait une preuve

Aujourd'hui à Toulouse, ils étaient quelques uns à manifester en voiture contre un bus rapide. S'ils voulaient faire la démonstration de ce que seront demain nos axes de circulation si nous ne faisons rien, c'est réussi. Je dis quelques uns parce que la faiblesse du nombre, qui est en deça de ce que sera demain le trafic prévisible, vient davantage démontrer le pouvoir de nuisance de la voiture que celui d'une offre alternative dont des milliers de nos concitoyens aimerait pouvoir bénéficier. CQFD.


vendredi 14 février 2014

Le vide grenier a commencé. Aujourd'hui, le grand contournement...

Redescendant du grenier, JL Moudenc exhume aujourd'hui la dernière potion miracle prétendant guérir Toulouse de son affection. Espérons simplement qu'elle n'est pas pulmonaire car, figurez-vous, il nous propose une autoroute.

Cette idée, après des mois de débat public en 2007, fut rejettée par son ami Jean Louis Borloo lorsqu'il était ministre. En effet, à l'issue d'études engagées dès 2003 pour un contournement auroutier de Toulouse, il fut tiré la conclusion de sa non pertinence au regard du problème à résoudre et du trafic essentiellement local de la rocade toulousaine.

L'actuelle municipalité, contrairement à ce qui est dit, n'y est pas pour grand chose. Cela dit, loin de tout dogmatisme sectaire dont nous affuble depuis six ans JL Moudenc, nous partageons à la lettre les conclusions du gouvernement de l'époque, appuyées sur les principes du Grenelle dont Monsieur Moudenc glorifie davantage les intentions affichées que les actes qui en découlent. Il préfère donc nous conspuer en disant, je le cite :"Ils seraient mieux inspirés d’avoir le courage d’assumer la réalité : leur opposition n’est qu’une posture politicienne et dogmatique, ignorant l’intérêt concret des Toulousain(e)s !" C'est à se demander qui est dans la posture. N'est ce pas Monsieur Borloo ?

Voilà donc quelle était la posture politicienne et dogmatique de Monsieur Borloo le 4 juin 2008 :


Quelques semaines plus tard, le même ministre rendra officielle sa décision au vu du compte rendu publié par le président de la Commission nationale du débat public le 7 février 2008.

"Considérant que le débat a (notamment) mis en évidence (...)
  • la nécessité de mener une politique globale et renouvelée des transports en commun dans l’aire métropolitaine afin d’en améliorer l’efficacité ;
  • la nécessité d’inscrire tout projet d’infrastructure dans une politique d’accompagnement et de préservation des milieux traversés (...)
  • la nécessité de mettre préalablement en place une politique multimodale commune aux différentes autorités concernées sur les déplacements au sein de l’aire métropolitaine en lien avec l’aménagement;
Considérant qu’ainsi l’opportunité de la réalisation d’un projet de grand contournement autoroutier de Toulouse n’a pas pu être démontrée,
Décide :
Art. 1er. − Le principe d’un grand contournement autoroutier de Toulouse n’est pas retenu."

Sur le fond, peut-être y reviendrons-nous. Cependant :
  • Saviez-vous que le trafic sur la rocade est à 90 % de l'échange entre l'agglomération et Toulouse ?
  • Saviez-vous que 30 % du trafic local sur la rocade quitte l'infrastructure à l'un des 2 échangeurs qui suivent l'entrée et 50 % au troisième ?
  • Saviez-vous donc que le problème du périph n'est pas le transit mais le cabotage car les usagers n'ont pas tous la liberté de choisir un autre mode que la voiture ?
  • Saviez-vous que le coût du projet fut chiffré à 950 M€ pour la seule jonction A61 / A62 soit le coût de l'ensemble des investissements 2010/2020 prévus pour la route ?
  • Qu'on se le dise !