mercredi 30 novembre 2016

La gauche la plus "primaire" du monde


La colère est mauvaise conseillère. Pourtant, c'est bien cette moutarde qui me monte au nez. 
Par leur participation, 4.3 Millions d'électeurs de droite (soit 10 % de l'ensemble de l'électorat) viennent d'offrir un effet propulsif à leur candidat.

Au lendemain de ce résultat, le centre de gravité des droites s'est désormais formalisé entre la révolution conservatrice proposée par le vainqueur et le repli nationaliste et antirépublicain du Front National. 

Face à ce bloc qui déséquilibre notre démocratie, nous sortons des cas de figure historiques connus. L'enjeu n'est pas celui d'une simple alternance entre la gauche et la droite. Il n'est pas celui d'une petite cure d'opposition punitive pour la gauche et souhaitée par certains comme Michel Wievorka en espérant l'effet big bang temporaire d'une recomposition.

En 2002, avec 16 % des voix, le FN était au second tour. La gauche avait pourtant relancé la demande, créé 1 million d'emplois, fait les 35 H, créé la CMU... 
Cette fois ci, le FN est bien plus haut et ces valeurs ont prospéré. Ce n'est pas une simple alternance qui se joue. La politique vient confirmer l’intrusion permanente du mouvement social qui en structure le champ idéologique. Avec la victoire politique de la Manif pour tous, c'est un bloc réactionnaire qui se constitue pour durer, pour organiser l'hégémonie culturelle de ses valeurs, pour répartir l'espace du débat public entre ses composantes de droite radicale et d'extrême droite. C'est l'utilité même de la gauche qu'ils entendent remettre en cause si ce n'est pour en faire la force d'appoint de leurs propres enjeux.

Inconscients, les docteurs Folamour de la gauche préfèrent s'inventer des destins et s'inviter au festin primaire de leurs narcissismes. Le mot "primaire" penche alors du côté de sa signification primitive, d'un âge infantile de la "petite adolescence", de la phase du non permettant l'affirmation, tant les traits de caractère et les postures du moment en estompent sa seconde signification politique. Celle qui suppose le courage d'accepter un processus de sélection, de rassemblement et d'accession éventuelle à l'exercice du pouvoir.

Peu leur importe qu'aucun candidat de gauche ne parvienne à ce jour au second tour de la présidentielle, l'essentiel n'est pas là. C'est une gauche qui ne veut parler qu'à la gauche; à la famille dont elle entend s'émanciper confirmant par là même qu'elle ne cherche, à travers ses provocations, que le regard dont elle dépend.

Le doute ou la remise en cause des primaires n'est pas à l'ordre du jour. Ce qui demeure seulement est la responsabilité de ceux qui s'y soustraient. Il est tard mais il est temps, encore. Le Parti Socialiste aura permis d'offrir le cadre de l'unité face au danger. Et c'est cela que l'histoire retiendra.

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