mardi 15 mars 2016

La fin de "la république décentralisée" et de la fonction publique territoriale ?

Voilà qui est avéré. "Les Républicains" proposent de s'attaquer à la libre administration des collectivités territoriales, pourtant érigée en principe constitutionnel depuis 2004.

D'une même voix, tous les candidats à la primaire présidentielle de la droite s'en donnent à cœur joie et c'est à l'unisson que s'exprime leur volonté de mettre au pas les pouvoirs locaux et la fonction publique territoriale.

Tendus vers l'objectif de supprimer 300.000 postes de fonctionnaires (le double des suppressions entre 2007 et 2012), ils entendent l'imposer aux collectivités et s'attaquer de fait à la gestion de leurs ressources humaines.
En réservant aux seuls métiers dits de souveraineté ou de prérogatives de puissance publique le bénéfice du statut de fonctionnaire territorial, la droite entend donc institutionnaliser une gestion à deux vitesses et à remettre en cause, in fine, le statut même de la fonction publique.
Loin de lutter contre les dérives clientélistes, c'est au renforcement de cette pratique que conduira une telle orientation.

Inscrire dans le marbre de la constitution la limitation de la masse salariale à 50% du Budget de l’Etat et des collectivités - traduction du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux  partant à la retraite  - reviendrait à créer des distorsions sur le terrain voire des inégalités entre les collectivités. C'est ce que souligne le Forum pour la gestion des villes.

Les villes bougent sur le plan démographique et nous le vivons ici même à Toulouse. Elles ne sont pas face aux mêmes besoins de services publics à développer ou maintenir suivant le poids, la structure de leur population ou les secteurs d’activité qui imposent des taux d’encadrement importants en terme de personnel.


Mais le projet de la droite ne s'arrête pas là. Elle entend également fixer l'âge de la retraite à 63 ans dès 2020 et à 65 ans en 2025, remettre en cause la règle de calcul du montant des pensions pour mieux les baisser et augmenter parallèlement le temps de travail. Tout un programme !

Cerise sur le gâteau des réflexions faites sur la réforme de l'Etat, les contrôles fiscaux de l'administration dans les entreprises ne pourront plus porter que sur l’année précédant la vérification, au lieu des trois dernières années.

Que pense le maire LR de Toulouse  alors même qu'il se dit à prêt se désolidariser de sa formation politique dès lors que l'intérêt de sa collectivité est en jeu ?
La réponse est venue en conseil municipal. Selon lui, la hausse du point d'indice dans la fonction publique est "une mauvaise nouvelle". Il souhaite une compensation financière de l'Etat aux collectivités territoriales. L'état d'esprit est significatif. Il est conforme à la logique de recentralisation du programme de la droite.

Bref, la course à la primaire est lancée et le mot prend tout son sens. C'est la course aux idées primaires.

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